Nous sommes 7 au départ de cette randonnée de 5 jours, 100km, 6200 m D+ de Méolans à Larche en suivant le GR 56.
Les temps indiqués comprennent les arrêts et pauses déjeuner.
Lien vers itinéraire à jour :
https://www.montagnes-magazine.com/topos-gr56-tour-ubaye
Jour 1 Méolans – Gite de Laverq 4H30 1200 D+
Nous avons dormi chez Diane et Frédéric une charmante chambre d’hôtes située dans le hameau Les Méans à Méolans. Il n’a cessé de pleuvoir de la nuit et nous partons sous une pluie soutenue. La température est plutôt fraiche pour une fin août et contraste avec les journées caniculaires de la semaine passée. Nous traversons l’Ubaye, épaisse, bouillonnante, gonflée par les précipitations des trois derniers jours, charriant graviers et sédiments noirs. D’après un moniteur de rafting croisé en fin de semaine le débit est de 70 m3/seconde ce lundi alors qu’à l’ordinaire il oscille autour de 15 m3.
Après une longue montée dans les mélèzes nous atteignons le col de Séolane à 2273m dans le brouillard. La pluie a cessé, mais nous ne trainons pas car la visibilité est nulle et ma montre indique 6°C.

Jour 2 Laverq – Refuge du Col d’Allos 6H30 1340m D+
Hormis quelques brumes qui vont vite se dissiper, le temps est dégagé ce matin. Nous quittons le chaleureux gite de Laverq après un petit déjeuner copieux (excellent pain maison). Un groupe du CAF de l’Ain nous précède de quelques minutes. Le hameau de Laverq est très beau. Nous visitons son église qui est ouverte. Nous attaquons ensuite une montée en pente douce vers le plan bas dans un paysage idyllique, tout en admirant derrière nous la Petite Séolane (2854m) couverte de neige.



Premier contact avec un Patou, ces fameux chiens de surveillance des troupeaux. Il avance vers nous en aboyant avec cette démarche chaloupée si caractéristique. Cyril veut contourner le troupeau mais le berger nous fait signe d’avancer. Nous prenons le temps d’échanger quelques mots avec lui. Il nous explique venir d’Argentine, que ses moutons sont de race Manech à tête rousse, que les loups ne sont pas un problème pour lui n’occasionnant que peu de dégâts, mais que son souci est le manque d’herbe cette année qui oblige à bouger le troupeau en permanence.
Nous poursuivons notre chemin vers la Tête de Sestrière à 2575m. De là nous observons vers le sud sur les pentes en face de nous, sous la crête des Courtiens, une colonie d’une vingtaine de vautours de fauve qui s’agitent au sol avant de décoller et partir en vol plané. Nous longeons ensuite la crête qui mène au col d’Allos croisant l’arrivée des télésièges de la station des Agneliers du domaine de Pra Loup jusqu’au refuge du col d’Allos.

Jour 3 Refuge du Col d’Allos – Refuge de la Cayolle 10H00 1210m D+
Au refuge du Col d’Allos, les gens viennent diner en famille. Il est bien sûr accessible par la route du col mais surtout, Pierrot et son épouse cuisinent avec succès une spécialité locale, les ravioles de l’Ubaye et son gigot d’agneau. La salle de restaurant est éclairée à la bougie et les clients apprécient. Malheureusement les ravioles ne sont pas dans le menu de la demi-pension du refuge. Il faut réserver !
Aujourd’hui l’étape s’annonce longue. Nous pénétrons dans le Parc du Mercantour après la Baisse du Premier. Nous observons nos premiers chamois et aurons la chance d’en voir toute la journée. Nous entamons une longue traversée en balcon jusqu’à la cascade du Pitch puis gagnons le bas de la cascade du Cimet. Cyril m’affirme que le passage est facile mais face à cette barre rocheuse je ne le trouve pas si évident. Le sentier est particulièrement bien aménagé et quelques marches nous aident à passer la partie la plus critique. Nous pique-niquons à côté de la cabane du Cimet, modeste abri adossé à un rocher. Nous poursuivons notre ascension jusqu’au Petit Col de Talon parmi les chamois, en nombre dans cette partie peu fréquentée du Parc du Mercantour. Nous redescendons vers la route du Col de la Cayolle et gagnons le refuge dans les pâturages d’altitude.



Jour 4 Du refuge de la Cayolle au gite de Bousieyas 10H 1250 m D+
La nuit a été fraiche au refuge à l’altitude de 2274m et les herbes sont couvertes de gelée blanche. Nous descendons jusqu’à Bayasse en croisant régulièrement la superbe route du col. Le refuge-hôtel n’ouvre qu’à 11h. Une charmante dame qui tient une boutique de confitures nommée Les Gaillardises de l’Ubaye, nous sert un café en terrasse. Un grand moment de plaisir avant d’attaquer la montée très longue vers le col de la Moutière où nous pique niquons. Nous atteignons ensuite le Col de Colombart et décidons de nous séparer. Les plus en forme poursuivent par le GR 56 et le col de l’Alpe, à peine 15′ depuis Colombart. L’itinéraire nous fait longer la crête de la Blanche à 2500m alternant avec des vues somptueuses au nord comme au sud vers St Dalmas le Servage.

Un sentier en balcon relativement aérien nous conduit jusqu’au col de la Colombière. Toujours sujet au vertige, je serre les fesses! Une longue descente vers Bousieyas nous attend avec un bel éclairage de fin de journée.


Jour 5 Du gite de Bousieyas à Larche 9H 1230 m D+
Accueil convivial au gite de Bousieyas dans ce chalet récent où l’espace restreint est optimisé, avec une petite salle à manger au rez de chaussée et un dortoir de 16 places sur 3 niveaux à l’étage.
Dernière journée de randonnée avec la montée vers le col des Fourches puis le Pas de la Cavale. Nous avalons en moins d’une heure les 400 m jusqu’au premier col en croisant à plusieurs reprises la route de la Bonette déserte à cette heure matinale. Nous apercevons au loin une cycliste d’un certain âge, partie en même temps que nous du gîte, qui traine péniblement sa remorque mono roue, sans assistance électrique. Nous lui faisons de grands signes pour l’encourager car l’ascension est encore longue. Du col des Fourches, le Pas de la Cavale nous parait infranchissable, effet d’optique classique mais qui ne m’épargne pas une certaine appréhension. Nous faisons une pause sur les pentes enherbées avant d’attaquer le dernier pierrier, et Cyril entend des bêlements au loin. Nous identifions 3 mouflons à environ 300 m puis un troupeau situé au niveau du vallon de la Gipière. C’est une grande première pour moi, car je n’en avais jamais vu.
L’arrivée au col se fait sans encombre même si les derniers hectomètres sont assez impressionnants, mais sans doute plus facile à la montée qu’à la descente. Nous ne sommes pas seuls au col. Nous croisons les randonneurs partis de Larche ce matin qui font la grande traversée des Alpes, du Lac Léman à la Méditerranée par le GR5. Nous échangeons avec une famille qui marche depuis 19 jours et qui compte gagner Menton dans une semaine.



Nous faisons une pause pique nique au lac de Derrière la Croix puis reprenons notre descente en croisant le superbe Lac du Lauzanier , assez fréquenté en cette journée magnifique. Arrivés au parking du Pont Rouge il reste encore 5km jusqu’à Larche, terminus de notre randonnée. Le lendemain nous regagnons Méolans en stop sans aucune difficulté.

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